Des coeurs de la famille royale utilisés dans la peinture d’un tableau du Louvre

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Les milliers d’oeuvres exposées au musée du Louvre cachent un nombre incroyable d’histoires et d’anecdotes. C’est le cas notamment d’une toile méconnue du grand public : L’intérieur de cuisine, de Martin Drölling (1815). Ou quand les organes de la famille royale, réputés pour être la base d’un glacis merveilleux, furent utilisés au 19e siècle dans la réalisation de tableaux. Mythe, ou réalité ?

Une coutume royale

À la mort d’un membre de la famille royale, il était coutume depuis le 14e siècle de lui retirer le coeur et les entrailles. Pour éviter sa décomposition d’abord, et les odeurs nauséabondes qui l’accompagnent généralement, mais aussi parce que ces organes devenaient reliques et pouvaient être offerts à une communauté religieuse.  C’est ainsi que les coeurs de Louis XIII et son fils Louis XIV se retrouvèrent jusqu’à la révolution Française dans l’église Saint-Paul-Saint-Louis (dans le Marais), et ceux des autres membres de la famille royale des Bourbons (Anne et Marie-Thérèse d’Autriche, Philippe d’Orléans, Madame Henriette…) dans la chapelle du Saint-Sacrement, au Val de Grâce.

Lorsque éclate la révolution Française, toutes les représentations royales sont abattues, et les églises pillées. En 1793, l’architecte Louis-François Petit-Radel est chargé par le Comité de Salut Public de jeter les cœurs des princes et princesses qui se trouvaient au Val de Grâce, ainsi que ceux de Louis XIII et de Louis XIV. Mais au lieu de les disperser, il préféra les vendre… pour la réalisation de Brun de Momie, substance très recherchée dans la peinture de l’époque.

Le Brun de Momie, glacis merveilleux

Utilisé à partir du 16e siècle comme pigment pour la peinture, le Brun de Momie était produit à partir de matière organique (généralement de la chair de momie réduite en poudre) qui macérait dans de l’alcool et des aromates. En résultait une sorte de pâte brun-rouge qui, parait-il, offrait une brillance et une transparence incomparables. Et inégalables si la chair de momie était remplacée par un coeur, qui plus est de sang royal !

Après avoir récupéré les très chers coeurs des Bourbons, Louis-François Petit-Radel les proposa donc à deux de ses amis peintres, Alexandre Pau de Saint Martin et Martin Drolling. Une aubaine.

Saint-Martin acheta les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV, mais n’utilisa qu’une partie du cœur du Roi-Soleil, et le rendit avec le cœur non entamé de Louis XIII à la Restauration, en 1815. Martin Drolling, lui, avait acheté une douzaine de cœurs, dont ceux des reines Anne et Marie-Thérèse d’Autriche, de Monsieur, frère de Louis XIV, du Régent Philippe d’Orléans, ou encore de Madame Henriette, fille de Louis XV. Coeurs qui ont servi à la réalisation des nuances et des teintes de L’intérieur d’une cuisine, du peintre français Martin Drolling (1752 – 1817).

Détail. Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images

Une histoire impossible à prouver, même par les conservateurs ou scientifiques, mais très probablement vraie, puisqu’il est quasiment sûr que Drolling a utilisé dans ses oeuvres la précieuse substance obtenue à partir de coeurs royaux. L’intérieur d’une cuisine n’est d’ailleurs probablement pas le seul tableau à en être recouvert !

Détail. Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images

Pour découvrir si le sang royal offre des effets uniques aux tableaux, direction le Musée du Louvre.

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