Les secrets décoratifs des bouches de métro Art Nouveau de Paris (Hector Guimard)

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Présentes un peu partout dans la ville, les bouches de métro réalisées par Hector Guimard sont un patrimoine distinctive au monde, devenues l’une des photographs phares de Paris, au même titre que la Tour Eiffel ou le Sacré-Coeur. Mais que représentent-elles exactement ? Un symbole de l’Artwork Nouveau que les parisiens croisent tous les jours, sans forcément les regarder…

L’histoire de ces entrées de métro est assez originale. Avant l’Exposition Universelle de 1900, l’État et la Ville de Paris, pressés de construire un métro, ouvrent un concours. Mais aucun projet ne convainc. Il va être demandé à un jeune architecte, Hector Guimard, qui n’avait pas participé au concours, de faire une proposition. En quelques jours, et après quelques esquisses, la commande lui est passée.

L’Art Nouveau, qui est alors en vogue, s’inspire de la nature, et n’hésite pas à se libérer des canons artistiques officiels, aussi bien dans les formes utilisées que dans les matériaux. Une liberté qui fera sa drive… et sa faiblesse. Très rapidement, le public se désintéresse de ces extravagances, et ce mouvement éphémère (une vingtaine d’année environ) tombera dans l’oubli. C’est ainsi que sur les 167 ouvrages réalisés par Guimard pour le métro parisien, il n’en reste plus aujourd’hui que… 88 ! Les autres ont tous été, malheureusement, démolis, principalement les édicules (entrées couvertes). Il n’en reste plus que three, situées porte Dauphine, place des Abbesses et Châtelet.

La décoration des entourages

Les balustrades qui entourent les entrées de métro sont en fonte, ce qui permettait une standardisation reproductible à l’infini – et donc quelques économies – tout en s’adaptant aux contraintes géographiques de chaque station. Des entourages qui jouent avec les pleins et les vides, et laissent apparaitre le paysage de la ville grâce aux multiples aérations

Quant aux écussons, on serait tenté de croire qu’ils représentent de la végétation, ornementation classique du type Artwork Nouveau. Et pourtant, il n’en est rien ! On y voit tout simplement le « M » de métro qui s’enfonce dans un tunnel avec le développement de l’électricité. Une ode à la modernité, en somme, très inhabituelle dans ce courant artistique.

Pour l’inspiration florale, il faut poser son regard sur les lampadaires. Mais il faut savoir qu’avec Guimard, si tout parait inspiré par la nature, rien n’est vraiment reconnaissable…

La signalétique des stations et du célèbre “Metropolitain” a également été inventée par Guimard. Adepte d’un “artwork complete”, chaque détail devait être le fruit d’une création. Mais il faut aussi y voir la volonté pour l’architecte – dont l’ego était plutôt essential – de n’appartenir à aucun mouvement, si ce n’est du sien (Guimard ne se réclamait en effet pas de l’Art Nouveau… mais du type Guimard), et de laisser à la postérité des oeuvres uniques.

C’est donc un alphabet spécialement conçu par l’architecte qu’affiche le métro parisien.

Oublié pendant de longues années, l’Art Nouveau fut redécouvert dans les années 70, ainsi que le travail de Guimard. Le succès de ses bouches de métro est aujourd’hui mondial, puisque des reproductions sont visibles à l’étranger, à Chicago, Montréal, ou encore Lisbonne.

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